A l’honneur, l’enseignement du français !Depuis plus de 35 ans, la Fédération internationale des professeurs de français rassemble des professeurs de toutes les nationalités au sein de très nombreuses associations. Aujourd’hui, la fédération dispose de relais dans 135 pays.

Son Président Dario Pagel et sa Secrétaire générale, Martine Defontaine, nous présentent cette belle organisation.
Quelles sont les missions de la FIPF ?
Dario Pagel : Encourager les échanges entre les enseignants de français du monde entier, les réunir, les épauler en leur fournissant des contacts, leur faciliter l’accès à des ressources professionnelles (revue Le français dans le monde, portail OIF : www.franc-parler.org), promouvoir l’enseignement du français, dans un esprit de modernité, de solidarité et de tolérance, défendre dans les systèmes scolaires l’enseignement de plusieurs langues sans lequel le français n’aurait plus de place dans certains pays, diffuser l’idéal francophone auprès des professeurs et par conséquent auprès de leurs élèves, telles sont les missions que la FIPF s’est assignées.
Il me paraît ici nécessaire de souligner pour l’avenir de la présence internationale du français l’intérêt politique d’un réseau démocratique, amical et engagé, constitué d’associations nationales d’enseignants, dirigé par un conseil d’administration international. Il agit par conséquent indépendamment des aléas des relations entre la France et l’étranger, des séquelles de la colonisation. Il prône la défense d’un français international et non pas hexagonal .
Une spécificité de la FIPF, inscrite dès l’origine dans ses objectifs, mais qui la rend plus que jamais d’actualité, est qu’elle doit réunir tous les enseignants de français quel que soit leur niveau ou lieu d’enseignement.
Au moment où la nécessité de passerelles entre cycles, filières, statuts du français et opérateurs, devient criante, la FIPF apparaît comme un lieu précieux de réflexion et de production.
Vous avez reçu le prix Louis D de l’Institut de France il y a 18 mois. Quelle en sera son utilisation ?
Martine Defontaine : Nous évoquions souvent notre rêve qui était de pouvoir disposer d’une antenne à Paris où nous pourrions accorder un accueil convivial à nos professeurs de passage. Je remercie encore une fois ici les donateurs, le jury et l’Académie française..
Il s’agit d’un petit local merveilleusement situé non loin de la Sorbonne, du Collège de France, de la Seine. Les travaux sont en cours. Nous y installerons une salle de réunion (au sous sol), et, au rez de chaussée, un espace ouvert modulable, qui sera à la fois cyberespace, lieu de travail, d’accès gratuit pour nos professeurs membres, sans oublier des présentoirs ouverts à des partenaires, et un petit bar.
Ce lieu, qui peut accueillir de 40 à 50 personnes pourra se transformer à l’occasion en salle de conférences ou de manifestations culturelles diverses.
Quels sont les futurs grands rendez-vous de la FIPF ?
Dario Pagel : Outre un débat pour promouvoir la place des cultures francophones dans l’enseignement le 20 mars à Paris, la FIPF organise cette année trois grands congrès régionaux. En Asie-Pacifique, tout d’abord, à Taipeh, du 27 avril au 1er mai 2006, sur le thème suivant : « Le français, la Francophonie et la francophilie en Asie Pacifique ».
En Amérique latine à Asunción, du 2 au 7 juillet 2006 se tiendront les « Sedifrale » : « Le français au cœur des Amériques. Une langue en partage ».
En Europe enfin, à Vienne, du 2 au 5 novembre 2006, les deux commissions européennes poseront le problème de la place de l’enseignement du français en Europe et de la réalité du plurilinguisme. Toutes les informations pratiques se trouvent en lien sur www.fipf.org.
Par ailleurs, en 2007 se tiendront une rencontre pour le Monde Arabe à Beyrouth, et une autre pour l’Afrique.
Quant à notre grand congrès mondial quadriannuel, il se tiendra dans la Ville de Québec du 21 au 25 juillet 2008, et se prépare déjà. Il est comme l’Assemblée de l’APF inscrit dans les festivités du quatre centième anniversaire de la ville de Québec ! Ce sera une grande fête du français et nous attendons 2500 personnes.
Comment, selon vous, développer les liens entre l’APF et la FIPF ?
Martine Defontaine : Les parlementaires francophones peuvent beaucoup aider la langue française et la Francophonie en s’appuyant sur les associations de professeurs et, réciproquement, les associations peuvent grandement bénéficier de l’appui des parlementaires.
Dans les pays où est présente l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, le statut de la langue varie (langue maternelle, langue officielle et d’enseignement, langue étrangère) ; cependant les associations de professeurs ont les mêmes compétences, en particulier en ce qui concerne l’animation d’événements visant à renforcer les motivations des apprenants, des parents, de la communauté pour l’apprentissage du français ( concours, ateliers d’écriture, de théâtre, journaux, etc. ) ainsi que la formation de professeurs, le transfert d’informations et la promotion de l’excellence pédagogique.
Or elles ont souvent des difficultés à trouver financements et appuis, pour leur fonctionnement et leurs événements (les professeurs ne représentent pas, semble-t-il, un marché très porteur). Un parrainage ponctuel par la section parlementaire locale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie les y aiderait beaucoup.
La Fédération internationale des professeurs de français en chiffres
168 associations dans le monde dans 135 pays et dans tous les continents (37 de plus en six ans)
8 commissions régionales structurées
Un président brésilien, une vice présidente polonaise, un vice président français
Plus de 70 000 membres , les plus militants et professionnels des professeurs
3 publications : Le français dans le monde, Langues et cultures et le bulletin Echanges
2 sites internet (dont un avec l’OIF et le CIEP) www.fipf.org ; www.franc-parler.org
2 concours annuels internationaux
Des dizaines d’étudiants ayant bénéficié de FADOM (français à domicile)
Un grand congrès mondial tous les quatre ans
Un agent démultiplicateur important : une association de 200 professeurs permet de sensibiliser 30 000 élèves. Chaque enseignant s’adresse au minimum à 150 élèves par an.
La FIPF a été créée à Paris en juillet 1969, à l’intiative de Louis Philippart, fondateur de la société belge des professeurs de français et d’André Reboullet, alors rédacteur en chef du Français dans le Monde. A ses débuts, elle comprenait 25 associations.
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